par Julien Richoz

Propos d’avant-spectacle : [29 mars 2026]
Bruits et images entre les arbres : quand le théâtre sort du cadre
Avez-vous déjà pensé à assister à une pièce de théâtre en plein air ? C’est entre les arbres, dans le périmètre du théâtre de Vidy à Lausanne, que cela se passera. Du jeudi 30 avril au samedi 2 mai 2026, les trois représentations d’Ultraficción nr. 1 / Fracciones de tiempo (Ultrafiction n°1 / Fractions de temps), sous l’égide du collectif El Conde Torrefiel, n’attendent que vous.
En 2010, Tanya Beyeler et Pablo Gisbert créent le projet El Conde Torrefiel. Tanya Beyeler a vécu en Suisse jusqu’à ses vingt ans avant de partir en Espagne, où elle obtient un diplôme en dramaturgie. Pablo Gisbert a, de son côté, non seulement été diplômé en dramaturgie, mais il a aussi étudié la philosophie à Madrid. À la croisée de la littérature, des arts visuels et de la chorégraphie, leur travail explore le présent à travers une réflexion sur le langage, l’image et les tensions entre sphères personnelle et politique. Conçu comme une suite d’hypothèses sur notre époque, le projet interroge notamment les formes contemporaines de totalitarisme et d’aliénation. Depuis sa création en 2010, la compagnie s’est rapidement imposée sur la scène espagnole avant de s’ouvrir à l’international. Elle est aujourd’hui programmée dans de nombreux festivals et lieux majeurs en Europe ainsi qu’en Amérique latine, ce qui témoigne de son rayonnement croissant.
A propos de cette dernière création, la page internet du Théâtre de Vidy parle, entre autres éléments intrigants, d’une bande sonore immersive éveillant sensations et images, de divers récits mêlant une fête, un avion de chasse et des migrants en mer. Cela laisse présager que l’œuvre sera éloignée d’une pièce de théâtre standard, au-delà du simple fait qu’elle se déroulera en extérieur. On peut s’attendre à être déstabilisé, voire surpris par une forme peu conventionnelle. Peut-être sera-t-elle également politisée ? C’est ce que l’on peut éventuellement supposer lorsque l’on sait qu’il est question de migrants en mer et de critique des formes contemporaines de totalitarisme.
Nous espérons une œuvre originale, déroutante et surprenante, qui change de ce que l’on est habitué à voir lors d’une sortie au théâtre ordinaire, et qui saura nous marquer durablement. Nous nous attendons à vivre une expérience immersive, où le spectateur est autant invité à ressentir qu’à comprendre. Peut-être que les images et les sons évoqués viendront bousculer nos repères et susciter des émotions contrastées… Nous sommes également curieux de voir comment les différents récits annoncés vont s’entrelacer pour donner du sens à l’ensemble, si sens il y a.